dimanche 29 janvier 2012
lundi 5 septembre 2011
Nous rentrons maintenant dans le vif du sujet... l'apport de la Tradition à la connaissance des huiles essentielles ou quand les arômes trouvent leur place naturelle dans l'organisation de l'Univers....
La Tradition
Les sinologues nous ont donné des clefs d’organisation de l’univers, à savoir :
Tao (ou Dao en « chinois moderne ») ce que l’on ne peut nommer (le Tao qui peut s’énoncer n’est pas le tao authentique ; Lao Tseu ch. 1)
Yin yang avec ses lois d’alternance, complémentarité, mutation…
QI (ou graphie Tchi dans les textes du début du siècle dernier) ou les souffles en action…
Ciel antérieur et ciel postérieur entre le non-manifesté et le manifesté
Vide/plénitude, interne/externe…les diverses aspects de la manifestation...
L’idée fondamentale de Ciel-terre-homme entre en résonance pour mieux nous faire comprendre l’organisation de la vie manifestée…
L’homme est un propre univers à l’intérieur de l’univers…extérieur « le Ciel existe au-dedans, l’homme existe au dehors » (Zhuang zi, ch. 17)
« Le grand axe Ciel/Terre est l’axe même de la médecine traditionnelle, le mouvement de la vie est son objet, même quand elle se tient au chevet d’un malade…le médecin n’est que l’observateur des échanges qui se nouent entre le ciel et la terre pour faire apparaître la merveille de nos existence individuelle… » (Schatz, Larre, Rochat de la Vallée, aperçus de médecine chinoise traditionnelle, p 11-12).
Les saisons internes doivent être en adéquation avec l’Univers : s’il gèle au mois de janvier, c’est normal, s’il gèle au mois d’août, c’est que quelque chose n’est pas à sa place… « Ce qui fonde l’orthodoxie ou la perversité alors, c’est le temps » (ibidem, 18), qui n’est lui-même que la circulation de l’ensemble des souffles qui animent l’être…et les souffles sont dits pervers parce qu’ils se sont installés à contretemps : « les ravages causés à l’agriculture de l’Empire par un décalage inopiné des saisons, sont une seule et même chose avec les épidémies ou les cas de maladies qui se déclarent dans le peuple …» (ibidem, p.19). Le conflit es
t le résultat de l’opposition entre les souffles orthodoxes (qui garantissent l’immunité) et les pervers qui ont tendance à dérégler la mécanique.
Ainsi un certain nombre de lois découlent de cette organisation de l’Univers. Nous présenterons donc brièvement celle du yin-yang et celle des cinq éléments (nous y reviendrons plus en détail dans la seconde partie de l’ouvrage)
Le yin-yang : la dialectique sang –énergie
Le yin/yang permet est un concept qui permet d’appréhender et de codifier le « réel ». Il se définit par trois lois :
l’alternance : « un phénomène ne peut s’appréhender que par ses faces opposées ».
Chaleur et froid, vide et plénitude… mais aussi plus subtil… bien et mal….
Sachant que l’eau tiède est yang par rapport à de l’eau froide… et que cette même eau
tiède est yin par rapport à de l’eau chaude, etc…
la complémentarité : « le yin contient le yang, le yang contient le yin ; présents partout ils ne peuvent se passer l’un de l’autre ».
Il n’y a pas de pluie (yang) sans nuages (yin), le yin et le yang sont opératoires l’un par l’autre et « leur conjugaison exprime le réel » (Schatz, Larre, Rochat de la Vallée ibidem, p.54).
la mutation : « lorsqu’un phénomène est évolué à son maximum, il devient le phénomène opposé ».
L’excès de froid amène à la chaleur : un glaçon provoque une brûlure…
La fièvre fait grelotter… etc…
Dans notre pratique nous pourrons voir à travers le filtre yin/yang le rapport entre le sang (xue en chinois) et l’énergie (Qi qui se traduirait plus volontiers par souffles, ceux qui animent la matière).
Sang et énergie circulent ensemble et leur fonction se complètent : le sang nourrit et ainsi on a de l’énergie qui va pouvoir faire circuler et réchauffer le sang ; cela c’est ce qui se passe à l’intérieur de notre corps dans nos vaisseaux sanguins (le sang est yin et la tunique qui le contient est yang et elle est pourvue de motricité –yang aussi !)
En s’éloignant de cette première vision microscopique (au niveau des tissus) nous arrivons à considérer donc qu’un individu est constitué de sang et d’énergie (de sang yin et de souffles yang donc !)… et en se reculant davantage encore on pourra considérer que l’individu yin par excellence est la femme (et on connaît entre guillemets les troubles du sang chez elle comme étant plus caractéristiques de son « univers interne » yin, expression interne de la terre) et que l’homme appartient au mode yang (il représente bien l’énergie yang, tournée vers l’extérieur, vers le ciel).
Et nous verrons que ces principes et ces trois lois contiennent et peuvent r
endre compte des diverses expressions de l’Univers et donc des manifestations aromatiques.
Le Tae Ji symbole des mouvements des souffles de l’Univers
C’est encore un symbole que nous allons intégrer… il est visuellement universellement connu… mais sa signification d’un premier abord n’est pas évidente.
Historiquement associé au monde asiatique ce symbole apparaît dans l’iconographie chinoise vers le VIII° siècle ap. JC alors qu’on le connaît dans le monde celte bien avant : notamment dans le mslat 9661 de la BN : planche des boucliers des troupes du Tractus Armoricani et nervicani IV° siècle ap. JC, et une copie du XV° siècle de ce document conservé à la Bibliothèque Bodléienne à Oxford (mauri osismiaci)…
Les couleurs ont évolué entre les deux : le motif celte est jaune et vert… En chine il est noir et rouge : noir dans le bas, froid et sombre du Nord (c’est un peu comme les cartes célestes que l’on met au dessus de la tête et où les orients sont inversés) et rouge dans le haut, la chaleur et feu du Sud…
En fait ce symbole remplaça en chine le motif circulaire et carré du Yi King… et par superposition avec les hexagrammes on peut faire « tourner » le Tae Ji suivant les saisons…
Ainsi au commencement du yang correspond le début : le printemps puis on aura au sommet du ventre yang l’été ; à la naissance du yin coïncidera la cinquième saison, celle des intersaisons, moment de passage obligé entre chaque saison et qui, coïncidant avec le centre, le milieu, trouvera naturellement sa place à l’opposé du départ/printemps. Dans la descente du yin se positionnera l’automne et dans le bas du ventre du yin se trouvera l’hiver… ainsi aux quatre grands orients se placeront les solstices (en haut et en bas) et les équinoxes (sur l’axe horizontal)…
Les huiles essentielles se placent dans les lois ainsi définies.
Dans le système yin-yang (chaud –froid : molécules plus ou moins positivantes ou plus ou moins négativantes) et dans leurs relation au Sang et au Qi (hydrophiles ou hydrophobes).
Et elles occupent un espace où le mouvement du yin et du yang se conjuguent (souvenons nous des petits cercles dans les deux zones, références à la loi de complémentarité) comme se déroulent les saisons, ainsi peut on les placer dans un nouveau référentiel traditionnel que nous nommerons l’aromatae-ji....
lundi 4 janvier 2010
au sujet de la grippe...
une façon traditionnelle de rendre compte des symptômes, de les classer suivant les axes orthonormés du Tae-Ji afin de trouver la, les réponses adaptées.
Si l'on prend l'exemple de la grippe saisonnière (ou autre...) on aura en référence au Tae-Ji les indications suivantes: attaque soudaine, élévation de la température, frissons, abattement...
en prenant la référence du Tae-Ji on pourra trouver : dans le haut, le Sud, on trouvera les molécules toniques, viricides et suivant l'axe souffles/sang sur la gauche des molécules antiseptiques (empêchant la prolifération des virus, microbes, etc...) et sur la gauche celles qui seront immunostimulantes au long cours (car douces)...au centre on trouvera les plus actives, les plus chaudes aussi...donc quand même agressives...
ainsi n'aura t'on pas une seule réponse mais plusieurs axes possibles:
à gauche....en diffusion... les monoterpènes, sur la gauche du Tae-Ji, assureront la protection du lieu de vie ou du cabinet...nous citerons donc le Citron comme un excellent représentant de cette famille...
(on verra plus loin des associations possibles suivant les axes)
à droite....en usage externe et interne (à évaluer suivant l'âge) les alcools C10 seront les immunostimulants que l'on recherche, viricides puissants et d'usage « doux »...l'huile essentielle retenue ici sera le bois de rose (linalol)... en (large) friction sur le haut du corps
au centre....en usage interne (réservé à l'adulte...dermocausticité des huiles) les phénols le plus haut placé...et en dessous, dans le rond du yin dans le yang, cette molécule qui vient du Nord et qu' en faisant l'acquisition d'un noyau de benzène, s'est transformée en molécule redoutable pour les microbes et virus (jusqu'à 98% de ces « intrus »)... l'une et l'autre de ces familles seront prises en usage limité, de part leur agressivité, et particulièrement les phénols qui ont l'inconvénient (au long cours) d'être hépato-toxiques...mais cela est hors de l'usage ici ponctuel...
pour les aldéhydes cinnamiques (la transfuge) ce sera bien sûr la Cannelle de Chine ou le Cannelier de Ceylan... et pour la famille des phénols on aurait le choix entre Clou de Girofle (eugénol), thym vulgaire (thymol) sarriette des montagnes (carvacrol) du moins agressif au plus fort...
associations possibles :
quelques gouttes d'alcool C10 et/ou d'aldhéhyde cinnamique à rajouter dans le citron en diffusion...
pour adultes: possible voie interne ici :associer cannelle et bois de rose ... quelques gouttes dans un peu d'huile vierge première pression à froid ou de miel...pas de toxicité connue..cela "chauffe" un peu et doit donc être réservé à l'adulte...
pour les éventuelles « contractures post-grippe » des apaisants comme les esters (Nord, donc bas du Tae-Ji) pourront jouer un rôle... la Lavande vraie ….
pour une gastro (virale) ...nous pourrons associer un éther (recentre et pacifie la Terre) comme le Basilic et un alcool C10 tel le bois de rose...
voilà des pistes simples, traditionnelles, cohérentes...
samedi 22 novembre 2008
vous comprendrez que le travail accompli est encore aujourd'hui non publié...
Aussi cette introduction aux huiles essentielles, extraite de l'ouvrage sur l'aromatae-ji traditionnelle à paraitre est là pour vous permettre de déclencher votre désir de rentrer dans l'Univers des arômes...
Pour toutes vos questions contacter aromatae-ji @ voila.fr...
dès la publication prochaine...d'autres éléments viendront bien évidement s'ajouter...
Bonne lecture....
jeudi 25 octobre 2007
Nous n’irons pas plus loin ici dans ces notions de base de l’aromathérapie. Nous laissons volontairement de côté les explications sur la distillation. Nous verrons plus loin dans les tableaux selon le Tae Ji les meilleurs usages possibles et reviendrons ensuite sur les modalités d’utilisation…
Mais pour bien préciser les choses et en référence à la traçabilité et au principe de précaution (qui, défini récemment par la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, proscrirait alors toutes les centrales nucléaires !!...), observons le commerce fait d’une huile essentielle assez commune :
Prenons l’exemple d’un romarin acheté en Espagne à un prix plus intéressant que le Maroc… En provenance en fait du Maroc mais recoupé et voyant sa quantité initiale multipliée par trois… et sachant qu’à Grasse une tonne d’huile essentielle (la densité de l’huile essentielle, plus légère que l’eau et variant suivant ses diverses molécules, se pèse) d’origine marocaine via l’Espagne est multipliée par sept…pour les besoins cosmétiques…
On peut légitimement se poser la question de savoir ce qu’elle contient ?...
D’autant plus que suivant ce qui a été exposé dans les chapitres précédents :
Produit au Maroc, le romarin contient une part élevée de 1,8 cinéole d’où une action plus spécifique au niveau pulmonaire, alors que celui de Provence sera riche en camphre, et celui de Corse contiendra deux molécules en plus, un ester l’acétate de bornyle et une cétone la verbénone qui agissent elles à un niveau calmant et hépatique.
Alors qu’achète-t-on quand sur l’étiquette est seulement indiqué:
Romarin Officinale ?
dimanche 23 septembre 2007
Le référentiel électrique des huiles essentielles
Il va maintenant falloir classer toutes ces familles avec les divers chémotypes qui les composent, un peu comme si on allait dans chaque famille aligner les signatures de ses membres… ainsi dans la famille des phénols comme nous l’avons vu nous aurions la signature de chacun de ses membres : thymol, carvacrol, eugénol, etc…
Le problème est de pouvoir dans une liste établir un ordre, ou même des axes si l’on veut faire un tableau à plusieurs entrées…
Ce travail est la réussite de Pierre Franchomme qui nous a livré un référentiel électrique…
Chaque famille a en effet (nous avons volontairement choisi de ne pas alourdir notre démonstration avec tous les termes de botanique ou de chimie que l’on ira consulter dans la bible de « l’aromathérapie exactement ») un double axe : les molécules sont soit plus ou moins positivantes (capteur d’électrons, effet tonifiant) ou négativantes (donneur d’électrons, effet dispersant) mais sont aussi plus ou moins hydrophiles ou hydrophobes (attirance ou rejet de l’eau)
Voici le référentiel électrique qui nous a été transmis par Pierre Franchomme :

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Les molécules positives sont des toniques et des stimulants généraux. À l’inverse toutes les molécules négativantes ont en commun d’être calmantes ou apaisantes.
Au propriétés liées à la classe électrique se superposent les propriétés liées à chaque famille chimique.
vendredi 7 septembre 2007

Aujourd'hui avançons un peu plus au coeur des arômes:
Ainsi va-t-on déterminer les seize grandes familles de molécules qui permettent de regrouper l’ensemble des diverses molécules aromatiques produites par le règne végétal. Reprenons l’exemple de notre plant de thym :
L’odeur caractéristique du thym de St Tropez est appelée thymol..
La fragrance métallique du plant de l’arrière pays est le carvacrol (molécule que l’on retrouve dans la sarriette).
Ces molécules aromatiques sont nommées chémotypes, terme que l’on pourrait traduire par race chimique définie et appartiennent à l’une des seize familles bio-chimiques, ici celle des phénols …
Continuons notre voyage : le thym des hautes alpes à parfum de lavande contient du linalol
Et celui du Languedoc à odeur de marjolaine du thuyanol-4, et nous apprendrons que ces deux chémotypes sont de la famille des alcools C10 (à structure de 10 carbones)…
On va de cette façon pouvoir par analyse fine (chromatographie) connaître tous les constituants d’une huile essentielle (certaine sont constituées d’une seule molécule à plus de 300, comme la sauge par exemple).
On va découvrir qu’il n’y a pas un romarin, mais trois… dont un seul est vraiment spécifique d’une activité à tropisme hépatique (chémotype verbénone, famille des cétones), le second étant plus à visée rhumatismal (pourcentage élevé du chémotype camphre, famille des cétones), le troisième s’adressant à l’arbre respiratoire (chémotype 1,8 cinéole, famille des oxydes)
Donc les divers constituants des huiles essentielles vont se regrouper par activité au sein de familles qui les caractérisent : à la famille des phénols (anti-infectieux majeurs) appartiendront non seulement les chémotypes thymol (molécule majoritaire du thym) et carvacrol (de la sarriette), mais aussi l’eugénol (clou de girofle) et l’australol (de certains eucalyptus) et le gaïacol (du bois de gaïac)
Rappelons nous aussi qu’une même molécule peut se retrouver dans différentes espèces botaniques à travers le monde et qu’une même plante peut suivant son organe productif (fleurs, écorce, feuilles, racines) subir d’importantes variations de molécules;
Par exemple dans la famille des phénols (anti-infectieux majeurs) on se souvient du thymol du thym mais aussi de l’ajowan. Dans le cas de l’eugénol du bouton du clou de girofle on va retrouver cette molécule également dans la feuille du cannelier de Ceylan, alors que les racines de ce même cannelier contiennent du camphre !
Et que diverses conditions extérieures vont influencer l’élaboration du chémotype : ainsi un thym vulgaire d’hiver aura une odeur caractéristique différent du même plant l’été… dans ce cas le géraniol (alcool C10 anti-infectieux, assurant par la même une des meilleurs lignes de défense l’hiver) se verra remplacer par de l’acétate de géranyle (quatre fois moins anti-infectieux aux propriétés apaisantes qui conviennent mieux à l’été… comme quoi la Nature fait si bien les choses !)
On arrive donc à cette notion capitale que ce qui soigne ce n’est pas « La Plante », comme on le pense si souvent et l’on comprend mieux alors les interminables listes d’indications de certaines plantes qui mélangent les divers chémotypes, alors qu’en résultat soigner une « crise de foie » avec un romarin à chémotype camphre sera inadapté !!
C’est la quintessence subtile de la plante… c'est-à-dire le chémotype chimique…qui est la véritable réponse. Ainsi pourra-t-on dire que l’aromathérapie est une puissante et efficace chimiothérapie végétale.


